DOMINIQUE LOUISE PELLEGRIN
Le carnet de reportage par une journaliste de la presse écrite
(Telerama) , écrivain (e) et animatrice d'ateliers d'écriture
("La Compagnie des bambous").
Depuis l'âge de douze ans, Dominique Louise
Pelegrin tient des carnets, pleins à ras bord de notes
de lecture, de bribes de rêves, de phrases entendues par
hasard, de débuts de nouvelles, d'improvisations sur des
rencontres ou des moments entre deux trains. Actuellement, elle
remplit tranquillement son carnet No 86, un bon cru. Ses carnets
sont à la fois parfaitement inutiles et indispensables,
ils vont avec elle comme la trame suit le tissu et le rocher l'huître.
Jamais lassée du travail journalistique, elle expérimente
aussi d'autres formes (deux livres sur le jardin, "Stratégies
de la framboise" Autrement, sélection du télégramme
de Brest en 2004, et "Jardin Paradis" (Larousse). Depuis
deux ans elle a créé une association "La Compagnie
des bambous" et anime des ateliers d'écriture, avec
une question: Comment faire passer ce qui est vécu, ressenti,
observé, pensé, imaginé ? Comment transformer
des notes en texte que d'autres pourront lire à leur tout
? Comment s'amuser avec tout ça ? Sa conviction : écrire,
c'est à peu près ce qu'on peut faire sur terre de
plus agréable, à condition de ne pas en faire toute
une histoire.
Sa proposition pour la résidence : travailler en
groupe sur le thème "Entrez dans vos carnets".
Prendre des notes, faire passer en mots ce qu'on ressent, ce qu'on
rencontre, se donner du temps pour ça, c'est se rendre
présent et attentifs aux gens, aux couleurs, aux situations,
au mouvement du temps.
Comment faire passer ce qui est vécu, ressenti, observé,
pensé, imaginé ? Comment transformer des notes en
texte que d'autres pourront lire à leur tout ?
Extrait de "Jardin paradis" (Ed. Larousse) photos-image
de Marc Ayrault, photos texte de D. Pellegrin
"Le soleil tronçonne les nuages. Nous serons modernes,
nous prendrons des tranquillisants et nous écrirons des
thèses sur les déchirures du tissu social. N¹est-ce
pas ce que l'on attend de nous ? Il est 13 h 45, de grosses gouttes
s'écrasent sur le socle du temps. À 14 h 1O, soyons
précis, tout est mouillé et un grillon se met à
chanter. À la radio, quelqu¹un dit que ça va
péter. Ça sent le gaz, mais l'allumette n¹a
pas été grattée, précise-t-il. "
Comme chômeur ", il parle d'une voix tranquille
, " je me terre, je ne sors plus. " Il dit qu'il
se sent comme quelqu¹un qui aurait presque disparu. "
Mais, à la manière des fantômes, ajoute-t-il,
je suis là tout de même, je donne mauvaise conscience
à ceux qui sont encore assis dans des bureaux. " Je
coupe la radio et retourne dans le jardin qui s'égoutte.
Dominique Louise Pellegrin animera un atelier avec un groupe qu'elle
emmènera sur un itinéraire choisi par Bernard
Polard.