Festival 2008
Une chambre, un univers.
La chambre que j’occuperai au Vauban sera le reflet des chambres que j’aurais occupées les mois précédents. Le même sac de voyage dans un coin de la pièce, les mêmes affaires dans la salle de bain ou sur le minuscule bureau. Projeté sur le mur, des séquences vidéo, accompagnées d’ambiances sonores, montrent ces chambres occupées dans le sud de la France en février, en Pologne en mars et au Maroc en avril. Toutes différentes et toutes semblables.
Résidence 2005 et Festival 2006
Ce fut d’abord, en avril 2005, une visite bien encadrée sur le plateau des Capucins. Une visite au pas de course. Dans ce lieu immense, inconnu du commun des Brestois et aujourd’hui désert, les traces en creux de la vie de jadis, bouillonnante, au service des navires et de la Marine. Fosses vides, machines à l’arrêt, bureaux abandonnés et dans de rares placards, les souvenirs de ceux qui l’avaient habité, qui lui avaient confié leurs vies et celles de leurs familles. La restitution du plateau des Capucins à la ville offre l’occasion de s’interroger sur le rapport entre les Brestois et leur ville. Filmé à bout de bras, sans autre but à l’origine que celui d’être un carnet de notes, ce court film retrace cette visite rapide des bâtiments du plateau tandis que sur la bande son, Michel, ancien ouvrier aujourd’hui professeur d’arts plastiques retrace son expérience dans ces lieux. Tout autour, à la manière d’une vitrine de musée, quelques objets glanés sur place rendent cette réalité disparue plus palpable.
Historien, journaliste, auteur de nombreux guides de voyage (Gallimard, Guide du Routard, Guide Vert) et de récits de jeunesse, passionné de calligraphie, de vieux livres, d’histoire, d’infographie, et du mélange des modes d’expressions des plus traditionnels aux plus actuels, Laurent se sert de son insatiable curiosité pour créer un univers d’une rare originalité et que la réflexion domine. Présent au salon brestois "Carnets d’ici et d’ailleurs" en 2003, il est l’auteur d’un premier carnet de voyage en 2002 relatant un voyage en Grèce dans les Cyclades. (Finaliste au Concours de création de carnet de voyages du « Monde2 »)
Festival 2003
31 ans. Formé à l’étude de l’histoire. S’essaye à la rédaction de guides de tourisme. S’obstine dans le journalisme. Ne dessine pas, ou très mal.
Après une enfance passée à rêver devant les manuscrits médiévaux, il se résout, devant le piètre état de ses finances, à les faire lui même. S’ensuit une grande consommation de plumes d’oie détrônées par la découverte de la typographie et l’acquisition d’une machine à écrire modèle 1913. L’infographie vient rapidement mettre son grain de sel. La conjugaison de ces moyens divers mais si complémentaires sortent d’abord de l’embarras un metteur en scène en quête d’un grimoire du XVIe siècle. Ils satisfont ensuite quelques fans d’Indiana Jones ravis de pouvoir enfin se payer un fac-simile du carnet renfermant les notes prises lors de la quête du Graal. Ce dernier exercice, frustrant quoique passionnant, attise l’envie d’illustrer ses propres pérégrinations.
Le virus du voyage, transmis par des parents qui ne tiennent pas en place, poursuivait en effet un travail de sape commencé deux décennies plus tôt. Avec l’amour de l’écriture et la soif de découverte, il est responsable de collaborations avec les guides Gallimard et Hachette ainsi que d’un travail universitaire sur l’Irlande médiévale. Il est aussi la cause de bien d’autres voyages où se télescopent allègrement histoire, géographie, folklore, mémoire des lieux et des gens, fantasmes et réalités, passé et présent. Cet imbroglio spatio-temporel devient la matière brute des futurs carnets.
En 2002, le compte rendu d’un périple dans les Cyclades cartonne au concours de carnets de voyages du Monde 2. L’ouvrage, réalisé au retour, ressemble à un vieux truc trouvé aux puces, rempli de gravures et de textes à la plume qui font vite douter de l’existence d’un voyage en fait bien réel. La passion des vieux papiers a pris le dessus.
Au printemps 2003, 3 semaines d’errance au Maroc font naître une interrogation : à l’instar du journaliste, quel éclairage peut apporter un carnettiste sur les régions qu’il traverse ? Tentative de réponse ce mois de juin.










