"Vous étiez ici"
Journal berlinois
Catherine Ricoul
« Vous étiez ici » est un Tagebuch, un journal berlinois tenu chaque jour, de mars à aujourd’hui. Il arrive un moment où l'on n'est plus là où on était. Le "Vous êtes ici", lieu précis et bien éphémère, est surtout multiple, partout et nulle part. Personne n'habite au "Vous êtes ici".
« Vous étiez ici », Une expression à peine détournée, un imparfait qui renvoie à la nostalgie d'un endroit traversé et quitté, à l'impossibilité de retenir les choses et les gens, à la quasi impossibilité aussi de partager profondément ce que l’on vit… « Personne n’écoute les voyageurs » a écrit Aragon. Alors, avec des mots découpés - en français, allemand et anglais - des fragments de livres, des papiers ou autocollants collectés dans les rues, des polaroïds, j’essaye de dire malgré tout. Dire en creux aussi, dans le creux des textes perforés, sur les lignes restées blanches, dire les jours qui passent, la vie qui file entre les pages d’un vieil agenda trouvé au marché aux puces, la vie qui reste dans les pages des livres…
Un journal-blog complète ce travail : http://carnetsdeberlin.blogspot.com/

Le carnet des « Spukkis »
Petite collection d’autocollants
délicatement décollés dans les rues de Berlin
Dans la tradition berlinoise de l’artiste-flâneur, je flâne chaque jour dans les rues de Berlin : à pied, à vélo, en tramway ou métro, je traverse, j’arpente, je fais miennes les rues et les chaussées. Mes yeux se posent sur la ville et je glane ce qu’elle m’offre. Une ville se découvre aussi dans ses détails, ceux que la plupart d’entre nous ne remarquent même pas ou alors distraitement. Les « spukkis » collectés depuis plusieurs mois maintenant en disent long sur ses habitants et leurs préoccupations de citoyens engagés : Mouvements antifachistes, gauche révolutionnaire, mouvement contre la privatisation et la gentrification de la ville, syndicats, organisations écologistes et antinucléaires, organisateurs de manifestations, sorties de disques, fêtes…
Comme archéologue de cette mémoire urbaine, je les décolle (qand j’y arrive) pour les recoller dans ce carnet, en jouant sur les motifs, les formes, les thèmes, les couleurs. Se révèle alors toute la vitalité de cette ville qui résiste à l’uniformisation et à la mise au pas.
Ce Carnet de Spukkis et l’original de mon Journal berlinois seront présentés dans une toute petite valise trouvée au marché aux puces, car moi aussi, comme le chantait Marlène Dietrich : « Ich habe noch einen Koffer in Berlin… » (« J’ai encore une valise à valise à Berlin »)
http://catherine-ricoul.blogspot.com/2010/05/exposition-berlin.html
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