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Mouchel Brigitte

Voyager sans plan établi, n’avoir pas d’attaches, autre que soi même, son corps, ses souvenirs, ses désirs… voyager au fil des inspirations, emporté par le vent, par un parfum, par une musique…. Je suis une sorte d’artiste pour qui la déambulation, l’errance sont la source principale d’inspiration. Je ne travaille dans l’atelier qu’une fois ma récolte faite : bribes de paroles, bouts d’affiches, images… ce temps d’atelier est un peu comme le campement pour la nuit, moment où on reprend ses notes, où on organise ses fragments d’images.

Festival 2015

Brigitte Mouchel présente de nombreuses expositions en France et en Europe, participe à des résidences d’artistes qui favorisent la rencontre avec des territoires et des habitants, anime des ateliers d’écriture poétique, particulièrement avec des personnes exclues, marginalisées… Dans ses textes comme dans ses dessins, elle tente de donner forme à la complexité du monde contemporain, la manière fragmentée dont il nous arrive, là où l’histoire collective croise, traverse, se heurte, avec les histoires singulières. Arrêts sur images d’un film qui nous concerne, qu’elle rend anonyme, intemporel.

Elle écrit, dessine à partir d’« emprunts », dans un monde qui mélange fiction-réalité, dans un monde de corps et d’espaces fragmentés. Elle découpe des photos dans la presse, mélange des paroles entendues, rumeurs du monde, discours, qui se mêlent au quotidien, aux souvenirs, aux sensations, aux traces.

Elle invente des livres comme des mises en scène de ses textes, cherche une forme qui permet un cheminement, un rythme, des silences… la mise en scène du texte peut aussi se décliner sous forme d’affiches-poèmes ou encore de créations sonores, mêlant extraits lus, sons, bruits.

Au festival, elle montre son travail en cours sur le voyage nocturne.
Lors d’un séjour à Ouessant, elle a été particulièrement sensible à la nuit, et, dans le même temps, elle était particulièrement bouleversée par le sort des migrants qui se noient en Méditerranée…

Elle les a imaginés, la nuit sur leurs embarcations… La nuit, sous un immense ciel étoilé, est pour certains envoûtant, serein ou source de réflexion philosophique ; pour d’autres, c’est tragiquement le lieu d’une attente gelée, de secours. Elle a mêlé ces événements dans des textes mis en scène dans des livres d’artistes, accompagnés de quelques dessins-collages… l’ensemble pour créer un univers cohérent et sensible.

Brigitte Mouchel Festival 2015

Festival 2013

Plasticienne et écrivain (peintures-collages, livres d’artiste), engagée dans des associations culturelles, j’anime aussi des ateliers d’écriture avec des personnes exclues. Mon travail cherche à traduire la complexité du monde, tel qu’il nous traverse, en fragments, en mémoires, en paroles.

Je présente ici des textes et images évoquant la culture manouche : les Manouches ne disent rien d’eux-mêmes : sorte de résistance, ou peut-être choix, qui renvoie à une perception du monde « autre ». Un certain retrait essentiel, art du non-dit et de l’absence, fonde l’identité du groupe. Leur civilisation, n’a cessé de se constituer en creux, en contrepoint, en silence : finesse et émotion, subtilité entre l’apparent et le caché, questions cruciales posées en retour à notre culture gadjé.

Festival 2010

Quelques réflexions sur l’errance :

Errer c’est marcher sans projet. L’errant se livre à l’expérience du monde, se met à la merci de tout ce qui se passe, n’a aucune raison d’être là. Il est dans un espace intermédiaire, un temps intermédiaire, flottant. Il s’efface, devient silencieux et ainsi ouvre de l’espace à de l’autre.

Qu’est ce qu’il crée par son passage ? par son inaction apparente ? par son regard à la fois curieux et inquiet ? par sa présence étrangère ? quelles paroles perçoit-il ? quels regards ?

Errer devient le moyen privilégié pour écouter le monde, y prêter attention, voire le révéler. Le flâneur est disponible à la vie, au rythme, au mouvement, à la circonstance. Il se confronte avec l’environnement, sa complexité, son imprévisibilité. Il capte des traces, repère les petites choses, le quotidien, ce qui rejoint tous les lieux et en même temps reste singulier.

Le marcheur trouve le moyen de s’y glisser, s’y relier, il dessine une géographie singulière par son allure, ses rencontres avec des lieux, des personnes, des lumières, des paysages, des objets... La marche est un instrument de recherche qui nous met en présence de l’imperceptible, qui joue avec lui, soit pour le repérer soit pour le produire, soit pour le recueillir, à la manière des petits cailloux qu’on retrouve dans sa chaussure. Les Latins les appelaient des « scrupuli » (scrupules) : Ils causent ces légers embarras qui nous empêchent de marcher confortablement et, au sens figuré, abandonnent notre esprit à un doute, un malaise, qui nous maintient dans l’hésitation. Le marcheur, en dépit de sa nonchalance, de son oisiveté, de sa légèreté, serait l’individu scrupuleux par excellence, celui qui note les infimes moments du monde, des instants de la vie, de l’imperceptible qui mérite qu’un regard soit posé sur lui parce qu’il exprime un autre visage des lieux (les perturbations légères et poétiques).

Il est un enquêteur suivant à la trace les humeurs de la ville, collectionneur de débris et menus butins, historien-chiffonnier. Il dresse une cartographie disloquée, fragmentaire et lacunaire, qui se révèle par ses éclats additionnés. Il invente une géographie.

L’errant est à la fois en prise avec une géographie physique et une cartographie psychique. Il flâne aussi dans sa mémoire. Il raconte un dépaysement. Il raconte son passage : ni miroir de soi, ni fenêtre sur le monde, entre les deux, avec l’idée d’un partage.

Voir en ligne : http://brigittemouchel.ultra-book.com/

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